Le marché des couponings groupés s'est développé rapidement en l'espace de 2 ans grâce à Groupon qui a lancé ce business model. Groupon continue sa lancée et prépare une introduction en bourse pour cette année avec une valorisation attendue d'environ 15 milliards de dollars; Pas mal pour un site lancé en 2009.
Beaucoup de start-up ont voulu suivre l'ogre Groupon. Seulement, s'il n'y a aucune barrière à l'entrée d'un point de vue techno (c'est simplement un site qui permet de faire des paiements pour 1 deal donné, si j'exagère un peu), il faut néanmoins rapidement avec une force commerciale importante pour trouver les deals auprès des petits commerçants et aquérir rapidement du trafic, des adresses emails.
Aujourd'hui peu d'acteurs ont survécu. En France : Groupon, KGBDeals, Lookingo, ...
Et LivingSocial qui s'est lancé en France il y a peu et qui avait levé de l'argent auprès ... d'Amazon himself semble être le plus sérieux concurrent au niveau mondial (LivingSocial a effectué une levée de fonds de 250 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs dont Steve Case (fondateur d'AOL) et Amazon ; puis plus récemment une levée de fonds de 400 millions de dollars).
Plus haut sur la chaine de valeur, les petits malins ont pris une place on les appelle "les agrégateurs". Ils récupèrent les offres de l'ensemble des acteurs du marché pour les proposer aux internautes et se rémunèrent à la commission (affiliation).
Groupon et LivingSocial, en janvier/février, avaient décidé d'arrêter momentanément leurs programmes d'affiliation pour mesurer si les agrégateurs avaient un véritable impact sur les ventes et l'acqusition de leads.
Mais ce phénomène est-il un business pérenne ou un phénomène de mode ?
Plusieurs commerçants ont commencé à parler dans la presse pour expliquer que finalement Groupon et les Groupon-Like ne sont pas si intéressants que ça pour leur business.
Certains commerçants annoncent même avoir fermé boutique à cause deals de ce type : lire ici
En fait ces deals sont destructeurs de valeur à long terme. Bien sûr avec la crise, les consommateurs ont changé leur mode de consommation. Ils cherchent la bonne affaire, la promo en priorité. Mais lorsque vous vendez 2 places au restaurant à moitié prix... est-ce que le client va revenir pour payer le prix réel ultérieurement ?
En fait il y a 3 stratégies dans l'utilisation des sites de couponing groupés :
- Soit faire du déstockage massif. C'est aussi ce que propose les acteurs des ventes privées, la différence c'est que les deals de couponing groupés sont en grande partie des services. L'idée du déstockage n'est pas de mise
- Soit faire du yield management. Typiquement pour un restaurant offrir un promo pour remplir son restaurant un jour où le restaurateur sait qu'il n'aura pas grande monde c'est parfait. Lui doit de toute façon payer ses coûts fixes (locaux, personnel) donc il est préférable de remplir le restaurant en bradant pour couvrir ses coûts fixe
- Soit une opération de communication. Vous voulez faire connaitre votre service (restaurant, SPA, magasin, etc). Faites une opération pour vous faire connaitre au niveau local. Ca va générer des ventes, du trafic dans votre point de vente. Avec un peu de chance vous ferez même du cross-sell. Surtout, profitez en pour les faire adhérer à votre programme de fidélité.
On constate que Groupon commence à s'essoufler aux USA.
Je pense que dans les dix ou quinze prochaines années ce modèle va disparaitre ou devenir anodin. On est plus sur un effet de mode et sur le fait que la crise est passée par là.
D'ailleurs Groupon s'y prépare et il chercher déjà à se réinventer, à trouver des solutions pour passer d'un effet de mode à une société et un modèle pérenne; Actuellement Groupon est en discussion avec des fabricant de caisses enregistreuses aux Etats-Unis pour faire installer par défaut un bouton "Groupon".
Si Groupon vous a fait rêver, si à un moment donné vous pensiez vous lancer pour concurrencer Groupon, je pense qu'il est préférable de réfléchir à la suite car faire du déstockage, du yield, de la communication, tout cela a un coût. Les business doivent profiter de cette acquisition massive de trafic pour fidéliser les clients.
La suite c'est justement d'imaginer des modèles de fidélisation qui pourront être transposés chez les petits commercants et les grandes enseignes.
J'en avais déjà parlé (voir la fin de cet article sur les reseaux sociaux geolocalises) mais le modèle de ShopKick est assez innovant en terme de fidélisation et l'innovation technologique apportée (pas de besoin de se géolocaliser, les hauts parleurs placés dans chaque magasin émettent un son inaudible pour l'humain mais que l'application ShopKick identifie pour savoir dans quel magasin et à quelle heure vous vous trouvez dans ce magasin et vous faire profiter de bons de réductions et points de fidélité).
Mais vous pouvez aussi dupliquer le modèle Groupon sur d'autres secteurs. Groupon est plutot spécialisé dans les restaurants, SPA, évenements, musées et il cherche à se développer dans le secteur voyage. Il reste des secteurs à explorer, c'est le cas de Poggled qui est un groupon-like spécialisé pour les sorties de nuit (bar, discothèque, etc) pour proposer des réductions, coupons, packages. D'ailleurs Poggled a été créé à Chicago (comme Groupon) et il vient de lever 5,6 millions de dollars auprès d'investisseurs... qui ne sont autres que les premiers investisseurs de Groupon.
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