Avec la rachat d'Instagram pour 1 milliard de dollars par Facebook, ce dernier valorise donc 33 dollars chaque utilisateur (Instagram comptait 30 millions d'utilisateurs au moment du rachat). Est-ce un pari fou quand on sait que la société ne gagne pas d'argent et a été créée il y a un an à peine ?
En fait c'est la valorisation de l'effet de réseau ou externalités de réseau. Si l'on reprend la définition exprimée dans Les Echos : "un produit dégage des externalités de réseau si sa valeur pour chaque utilisateur augmente avec le nombre de clients qui s'en servent."
Donc la valeur d’un produit augmente pour un utilisateur avec le nombre d’utilisateurs de ce même produit ou de produits compatibles. Cette valorisation des effets de réseau est plutôt portée par les VC américains. Ainsi des investisseurs ont parié sur Facebook, Twitter, Foursquare ou même YouTube en s'appuyant sur les externalités de réseau. Et lorsque vous être devenu incontournable et leader, l'effet de réseau continue de façon exponentielle (il suffit de regarder l'évolution du nombre de membres Facebook). Cela devient ensuite uniquement un problème de monétisation (le service peut devenir payant en dans ce cas il est toujours préférable d'avoir 10 millions d'utilisateurs payants VS 100 millions d'utilisateurs gratuits, le service peut etre monétisé par de la publicité à des annonceurs ou des services premiums proposés aux membres par exemple).
Malheureusement ces effets de réseau sont plutot valorisés par les VC américains. Un VC européen aurait-il parié sur Twitter par exemple ?
Non et cela peut se comprendre :
- Cela va nécessiter des fonds importants (trops importants pour des VC européens ?) pour permettre à la société de se développer (plusieurs années surement) et atteidre un palier de membres / utilisateurs qui permettra ensuite de monétiser (et reste à trouver le business model idoine aussi)
- L'effet de réseau est plus facile à développer aux USA : 1 seul pays, 1 seule monnaire, 1 seule langue, 1 culture. Alors qu'en Europe, même si on parle d'Europe il y a bien différents pays avec différentes langues, l'Euro n'est pas l'unique monnaie (livre sterling) et les cultures sont différentes.
- Il ne reste souvent que 1 ou 2 acteurs sur le marché... et il est rarement européen. Du fait des forces citées ci dessus. Ce qui n'incite pas à investir dans ce genre de business.
Ceci explique aussi pourquoi les sociétés stars basées sur l'effet de réseau sont américaines plutôt qu'européennes. Souvant il n'en reste que 1 ou 2 et il est difficile de prendre position pour un nouvel entrant sauf à réinventer le service et dans ce cas cela peut entrainer la fin de l'acteur leader (Qui se rappelle de Friendster ? Que compte devenir MySpace ?)
L'exception qui confirme la règle ... On peut toutefois citer, sur ce modèle une société française qui a réussi au niveau mondial : Fotolia. Plus il y a de photos mises à dispositions plus il y a d'utilisateurs/acheteurs, plus la société se développe. C'est un cycle vertueux.
Aujourd'hui de nombreux sites ou applications essayent de jouer sur les externalités de réseau en utilisant le réseau existant Facebook comme c'est le cas de la société Zynga. Néanmoins, cette approche est risquée puisque dépendante du réseau existant il est donc impératif de créer d'autre lieux de regroupements de ses membres (ce qu'a fait Zynga notamment en créant sa propre plateforme de jeux pour ne pas rester uniquement avec des jeux présents sur Facebook).
Facebook a donc racheté Instagram en espérant s'appuyer sur l'effet de réseau et accélérer le mouvement en créant des synergies entre ce service et ses membres existants.
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