(Cet article a été mis à jour suite à des précisions apportées par certaines sociétés citées dans l'article. Je les remercie de lire mon blog et d'avoir pu compléter / préciser cet article).
La PA qu'est-ce que c'est ? Dans le jargon des initiés, la PA c'est la Petite Annonce.
Un modèle qui a connu ses heures de gloire avec la presse papier gratuite et qui a permis à certains entrepreneurs de s'enrichir grâce à ce modèle qui constitue une part importante du business local.
En effet, que ce soit dans la PQR ou via des titres spécifiques de presse gratuite, l'approche est souvent locale avec plusieurs niveaux :
- Pour les particuliers : les annonces sont payantes ou gratuites avec options payantes
- Pour les PME/Commerces : ils payent un encart pub dans ces journaux "locaux" afin de toucher une cible dans leur zone de chalandise
Pour assurer une tarification pub élevée et une lectorat tout aussi important, la majeure partie des ces journaux gratuits sont disponibles gratuitement avec des emplacements stratégiques : disponible dans la rue, chez les commerces, grandes surfaces, etc
Puis au début des années 2000 a commencé à émerger, fort logiquement, les premiers sites internet d'annonces comme Craig's List, eBay (même s'il était à l'origine plutot sur un modèle d'enchère), PriceMinister...
Internet a rendu possible la digitalisation, la dématérialisation, de business traditionnels "brick & mortar".
Et les leaders de la presse gratuite n'ont pas su prendre le virage Internet. Ils ont bien démarré leurs sites internet mais :
- ils ont vu que la pub sur internet rapporte moins. Le web était donc destructeur de valeur
- les commerciaux qui sont la force de ces business car répartis sur le territoire, savent vendre de la pub papier... pas de la pub internet
Et la montée des sites internet a rendu difficile la vie (survie) de ces business. (Aujourd'hui eBay et PriceMinister font partie du top 5 des sites internet en France).
A partir de juillet 2010, le groupe Sud Ouest décide de se désengager des journaux gratuits d'annonce qu'il gèrait avec son entité S3G. S3G a été placé en liquidation judiciaire en novembre 2010.
Fin novembre 2010, le groupe Hersant Media propriétaire de la COMAREG (éditeur de ParuVendu) annonce la mise en redressement judiciaire de sa filiale spécialisée dans les journaux d'annonce gratuit.
La Direction de la Comareg et l’administrateur judiciaire mandaté a présenté en ce sens le 2 février au Comité d’Entreprise un projet de plan de refondation de l’entreprise, avec l’ambition de relancer durablement son activité. L'objectif est ainsi de soumettre au tribunal, dans une seconde étape, un plan de continuation de l'activité.
Ce projet prévoit une refonte en profondeur du modèle économique de Paru Vendu afin de proposer à ses clients une offre papier rénovée, pleinement intégrée dans un modèle multi canal, par le développement des sites internet, en premier lieu, mais aussi de services e-mails et d’applications mobiles.
Ce nouveau modèle économique nécessite une réorganisation complète de la Comareg, avec notamment la concentration sur 201 publication, l’ adaptation des forces commerciales et marketing, et la réduction des coûts de structure pour tenir compte de l’évolution du marché.
Au total, la mise en œuvre de ces mesures entraînerait la suppression de 642 postes chez Comareg, répartis dans toutes les catégories de personnel et sur l’ensemble du territoire. A date, Comareg emploie environ 1.800 salariés. Un projet de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) a été remis aux Comités d’Entreprise pour accompagner la mise en œuvre de cette refondation.
SPIR Communication (éditeur notamment de TopAnnonces) de son coté va faire face à ce problème mais ils ont su prendre le virage internet (un peu tard, toujours trop tard pour les acteurs du brick&mortar qui pensent pouvoir combattre l'effet web).
Le CA des activités internet sur 2010 est faible puisque les 73,5 millions d’euros de CA Web par rapport au CA global ne représente que 13% (CA global de SPIR en 2010 : 539,3 millions d’euros). Mais le pôle Web est le seul qui progresse +43,3% tandis que les autres enregistrent des baisses importantes).
Surtout, SPIR a pris conscience de la mutation digitale qui s'opère et il a annoncé un accord fin 2010 avec le groupe norvégien Schibsted, au terme duquel "Spir Communication cède ses parts dans Leboncoin.fr et reprendrait les actions détenues par Schibsted dans la société Car & Boat Media, société opératrice des sites internet d’annonces automobiles lacentrale.fr et caradisiac.com."
Face au modèle traditionnel, on voit de plus en plus le modèle d'annonce gratuite entièrement financé par la publicité ce qui est devenu extrêmement simple avec Internet et l'automatisation de la publicité. Plus besoin de commerciaux pour démarcher, il suffit d'un compte Google Adsense ou d'une régie pub ou encore d'une plateforme d'affiliation et le tour est joué.
Les sites comme LeBonCoin ou OLX (lancé par Fabrice Grinda, retrouvez le jimy's interview de Fabrice Grinda PDG de OLX ) sont quasiment 100% financés par la publicité.
- LeBonCoin est devenu en quelques années (5 ans) le site leader des petites annonces gratuites sur internet. Il dégage 36 millions de CA en 2010 (et 50% de rentabilité !).
- OLX de son côté, réalisait 1 millions de dollars de CA chaque mois en 2009 uniquement grâce aux annonces Google Adsense.
On parle des sites généralistes mais certains se positionnent sur des verticaux (Emploi, Auto-Moto, Immobilier, Rencontres...) pour mieux adresser le marché. Et là aussi, les sites web (SeLoger par exemple pour l'immobilier, LaCentrale pour l'auto, Meetic pour la rencontre...) ont terrassé les modèles papiers après plusieurs années de croissance et le développement de l'accès internet haut débit chez les particuliers.
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